Soumaïla Cissé ou l’opposition stérile d’un dinosaure dépassé

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Soumaïla Cissé s’entête. Malgré l’évidence. Malgré la réalité. Son discours politique n’est plus structuré que par une seule rengaine : le rejet des résultats de l’élection présidentielle. Il enferme par ce fait l’opposition malienne dans le piège du déni et de la stérilité. Une opposition qui va vite devenir inaudible si elle a pour seul discours de nier une évidence : IBK est président du Mali.

Personne ne conteste véritablement l’énormité des fraudes commises à travers tout le pays pour permettre au président d’être réélu. Personne ne nie qu’IBK a fait campagne avec les moyens de l’Etat, en achetant des voix, et qu’il ne dispose pas dans la population d’une majorité de soutien. Cela dit, quelques vérités s’imposent à Soumaïla Cissé et à l’ensemble de l’opposition s’ils souhaitent l’alternance.

Tout d’abord accepter que Soumaïla Cissé est le principal responsable de la situation politique au Mali. C’est lui, et lui seul, qui a rompu la solidarité qui unissait l’ensemble des candidats de l’opposition dans leur rejet des résultats du premier tour de la présidentielle. En acceptant ces résultats, et en acceptant de concourir pour le second tour, il a légitimé l’ensemble d’un processus électoral pourri jusqu’à la moelle.

La posture de victime de la démocratie, qu’il a prise par la suite, est grotesque au regard de sa responsabilité historique dans la réélection d’IBK. Mais le pire reste à venir. Depuis la proclamation des résultats, le seul message politique envoyé par Soumaïla Cissé au peuple malien, est celui de la contestation et du déni de la réalité. Ce n’est pas un programme, ce n’est pas un cap pour le pays. C’est une bouderie de gamin !

L’heure est grave pour le Mali. Aux défis vitaux que représentent la menace terroriste, mais aussi le chômage de masse et la pauvreté endémique, s’ajoute aujourd’hui un défi politique. Celui d’un président mal élu, contesté un peu partout dans le pays. La classe politique dans son ensemble, majorité et opposition, doit se montrer à la hauteur des enjeux. Il est urgent de renouer le dialogue et de préparer l’avenir pour éviter le pire.

IBK est affaibli. L’opposition doit saisir cette opportunité et négocier avec le régime pour le bien du Mali. Les cinq années à venir ne peuvent pas être perdues pour le peuple malien. Il faut des réformes structurelles de toute urgence. Il faut, quelle que soit la forme que cela prenne, une union nationale pour sortir de l’ornière.

Certaines personnalités politiques commencent à entendre ce discours de raison, à l’image du troisième homme de l’élection, Aliou Diallo, qui a appelé au dialogue, mais aussi de Ras Bath, qui s’est désolidarisé de Soumaïla Cissé pour évoquer une main tendue entre tous les Maliens. Reste à savoir si le président IBK acceptera ses mains tendues. Compte tenu de sa situation, il n’a pas vraiment le choix.

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