Contrat de travail : Que retenir de la clause de mobilité ?

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La clause de mobilité est une disposition prévue dans le contrat de travail ou la convention collective, permettant à un employeur de changer de lieu de travail à ses employés. Découvrez dans cet article tout ce qu’il faut savoir sur cette clause contractuelle.

Que devez-vous savoir sur la clause de mobilité ?

Une clause de mobilité est une disposition qui donne la possibilité à un employeur de changer de lieu de travail à un employé. Cette clause peut être prévue dans le contrat de travail du salarié ou dans la convention collective de l’entreprise.

Pour être valable, la clause de mobilité doit être convenue avec l’employé avant qu’il ne procède à la signature de son contrat de travail. Il est donc impossible pour un employeur de procéder à un changement de lieu de travail à un salarié dont le contrat n’a pas prévu une telle disposition.

Par ailleurs, l’employeur qui veut proposer la clause de mobilité doit prendre le soin de le rédiger de façon concise et précise, de telle sorte que l’employé saisisse la portée de cette clause, avant de prendre la décision de l’accepter ou non.

Le contenu d’une clause de mobilité

contrat
Dans le contrat de travail, l’employeur doit informer l’employé des différentes représentations de l’entreprise, et lui expliquer en quoi sa position au sein de l’entreprise nécessite une clause de mobilité. Ensuite, l’employeur doit définir clairement la zone géographique d’application de cette clause, ses conditions de mise en application, notamment le délai de prévenance qui est la période qui doit s’écouler entre la notification du changement de lieu de travail et la prise effective de fonction.

Par ailleurs, si en général des discussions ont lieu entre l’employé et la direction avant l’application de la clause de mobilité, il est tout à fait possible que l’employeur prenne cette décision sans consulter l’employé. Du moment où ce dernier a donné son accord pour que son contrat comprenne cette clause, elle lui est applicable à tout moment avec ou sans son accord.

Les princiaples conditions de validité de la clause de mobilité

Pour être valable, une clause de mobilité doit remplir un certain nombre de conditions.

La précision de la zone d’application

Une clause de mobilité doit définir clairement la zone géographique où l’employé peut être muté. Dans le cas contraire, elle n’est pas valable. Ainsi, si cette clause fait uniquement mention de la possibilité de l’entreprise d’affecter l’employé, sans préciser le lieu, il sera en droit de refuser qu’on lui applique une telle mesure.

Le poste du salarié

En général, la mobilité d’un employé dépend de la position qu’il occupe au sein d’une structure. Un directeur commercial serait plus susceptible d’être affecté qu’une secrétaire par exemple. Ainsi, pour qu’une clause de mobilité soit valable, l’employeur doit justifier en quoi le poste de l’employé fait de lui un candidat à la mobilité.

Le périmètre d’intervention de l’entreprise

Pour qu’une clause de mobilité soit valable, elle doit se limiter aux établissements de l’entreprise qui existaient au moment de la signature du contrat. Ainsi, il n’est pas permis à un employeur d’affecter les salariés dans des représentations ouvertes après leur prise de service. De même, si l’entreprise est un groupe qui dispose d’autres sociétés, elle ne pourra opérer des mutations d’une entreprise à une autre au nom de cette clause.

Pour finir, la clause de mobilité ne peut être modifiée de façon unilatérale par l’employeur. Si vous souhaitez donc muter un employé à un endroit non précisé dans son contrat, il va falloir obtenir son accord pour la modification de cette clause.

Validité de la clause de mobilité incluse dans une convention collective

En dehors du contrat du salarié, il est aussi possible d’insérer la clause de mobilité dans une la convention collective d’entreprise. Pour que cette dernière soit valable, les juges exigent que l’employé ait été informé de son existence au cours de l’entretien d’embauche, et qu’on lui ait permis également de le consulter. Par ailleurs, tout employeur qui fait l’option d’insérer la clause de mobilité dans la convention collective doit s’assurer du respect des règles de l’article R2262-1 du code du travail. Sinon, la clause ne pourra être imposée aux salariés.

Les conséquences du refus du salarié de rejoindre son lieu d’affectation

Lorsqu’un employé refuse de rejoindre sa zone d’affectation, il s’expose :

  • À un licenciement pour faute grave: un employé ne peut refuser de rejoindre sa zone d’affectation s’il a une clause de mobilité dans son contrat. S’il s’oppose à la décision de son employeur, ce dernier aura le droit de le licencier. Toutefois, le refus de l’employé peut être légitime dans certaines conditions. C’est le cas par exemple d’une mère qui doit s’occuper d’un enfant souffrant.
  • Au non-paiement de ses indemnités: Le salarié qui s’oppose à sa mutation sans raison valable est considéré comme responsable de l’inexécution du préavis. De ce fait, l’employeur peut le priver des indemnités de préavis et des congés.   

La démarche à suivre en cas de mise en œuvre abusive de la clause mobilité par l’employé

Tout employeur a l’obligation de mettre en œuvre la clause de mobilité de bonne foi, dans l’intérêt général de la société. Une mutation ne doit donc pas être une sanction disciplinaire voilée. Par ailleurs, l’employé doit disposer du temps nécessaire pour organiser son départ. En cas d’application abusive de la clause de mobilité, l’employé est en droit de saisir le conseil de prud’hommes pour faire constater l’injustice dont il a été victime.

Comment se défendre face à une application abusive de la clause de mobilité ?

Face à une application abusive de la clause de mobilité, l’employé a tout à fait le droit de se défendre s’il juge légitime son opposition à la décision de l’employeur. Devant les juridictions compétentes, la ligne de défense de l’employé dépendra du cas de figure

Dans le cas d’une absence de clause de mobilité dans le contrat de travail

Le lieu de travail mentionné dans un contrat n’a qu’une valeur informative, dès lors qu’il n’est pas précisé que l’employé doit y travailler exclusivement. Ainsi, sans même insérer une clause de mobilité, l’employeur peut vous notifier un changement de lieu de travail. Deux cas de figure sont possibles dans cette situation :

  • Un changement du lieu de travail dans le même secteur géographique: ici, la mutation n’est qu’une modification des conditions de travail. L’employeur a donc le droit de vous imposer ce changement. Toutefois, il doit prévenir le salarié d’un tel changement. Dans le cas contraire, l’employé a le droit de s’opposer à cette décision.
  • Un changement du lieu de travail hors du secteur géographique : un tel changement est une modification du contrat de travail, nécessitant au préalable l’accord du salarié. Le refus de ce dernier dans ce cas ne peut donc être sanctionné. Toutefois, en cas de litige, il revient au juge d’apprécier s’il y a un changement du lieu de travail hors du secteur géographique ou non. Pour cela, il s’appuie sur les éléments tels que la distance entre les deux locaux, le rallongement du temps de trajet que ce changement implique, la qualité du transport en commun desservant le nouveau lieu de travail.

Par ailleurs, lorsque l’employé a le statut d’employé protégé (représentant du personnel par exemple), l’employeur ne peut lui imposer aucun changement, même s’il a lieu dans le même secteur géographique. Toute mutation nécessite au préalable son accord.

Présence de la clause de mobilité

Tout salarié disposant de la clause de mobilité dans son contrat s’expose à de lourdes sanctions s’il refuse d’obéir à la décision de changement de lieu de travail le concernant. En effet, un tel refus constitue une cause réelle et sérieuse de licenciement, et même une faute grave en cas de récidive. Ceci dit, le salarié peut s’opposer légitimement à cette décision dans certaines conditions :

  • Lorsque l’employeur ne l’a pas informé du changement à l’avance. En effet, les juges considèrent abusif tout licenciement pour refus d’exécution immédiate d’un ordre de changement de lieu de travail décidé dans le cadre de l’application de la clause de mobilité ;
  • Lorsque la mise en œuvre de la clause de mobilité implique la baisse de son salaire ;
  • Lorsque l’application de la clause de mobilité entraine le passage d’un horaire de jour à un horaire de nuit, et vice-versa.

Par ailleurs, ajoutons que s’il agit d’un salarié protégé, aucune décision de mutation ne peut lui être imposée, même s’il dispose d’une clause de mobilité dans son contrat. Par ailleurs, vous pouvez visiter ce lien si vous souhaitez savoir davantage sur la clause de mobilité au travail.

La convention collective

Comme nous l’avons évoqué plus haut, une clause de mobilité peut également figurer dans la convention collective d’une entreprise. Toutefois, si l’employé n’a pas été informé de cette convention pendant son entretien d’embauche, et n’a pas reçu une copie lui permettant de prendre connaissance des conditions d’application de cette convention, il a le droit de s’opposer à toute décision de mutation le concernant.

Pour finir, sachez que, quel que soit le cas de figure, tout salarié a le droit de s’opposer à une mutation qui porte sérieusement atteinte à sa vie personnelle ou familiale. Une veuve devant élever seule deux enfants par exemple ne peut être contrainte en pleine année scolaire de rejoindre un lieu de travail éloigné de son domicile. Si vous estimez avoir des motifs valables pour ne pas accepter la décision de votre employeur, n’hésitez pas à porter l’affaire devant les tribunaux.